jeudi 31 juillet 2014

Le Chat qui...se laissait faire

De retour de ma première réunion avec mon futur prof de photo, qui m'a déjà donné quelques "ficelles"; évidemment, j'essaie tout de suite de "travailler" avec ses recommandations. Un seul modèle me tombe sous la main, c'est bien sûr mon Moo-favori qui est toujours partant pour quelques clichés, en échange de quelques caresses.

Bonne soirée,
F

La dune du Pilat

L&F

La théorie de l'évolution

L'évolution selon l'éducation nationale:

                                                                                    ICI,  c'est nous.
Source image originale ICI




Depuis quelques années, certain affirment que nous avons franchi une nouvelle étape, illustrée ci-dessous, qui s'avère être un point de vue courant dans les Landes. 

Un peu d'histoire:
Dans les années 50,  Peter Viertel, ami du surfeur américain Dick Zanuck, importe la première planche pour "s'essayer" sur les vagues biarrotes. Novice en la matière, il va sans dire qu'il rencontre quelques difficultés et se rend à Malibu pour acquérir les bases. Il rapporte à cette occasion les données techniques qui permettront la fabrication de planches et peu à peu la pratique de ce sport se vulgarise sur la côte Atlantique et sur sa partie landaise, plusieurs sites s'y prêtent. Les écoles de surf se multiplient.
A l'occasion de notre séjour nous avons tenté l’expérience d'un stage d'initiation, ajoutant ainsi notre pierre à l'édifice de l'aventure humaine...
Ci-dessous: L&C qui font des prouesses sur leurs planches respectives.



 Non, non, non, les vagues landaises ne sont pas roses, et la couleur de l'eau n'a rien en commun avec celle des Caraïbes...Vous aurez détecté la présence des fameux filtres Pixlr.

A Carcans plage  il y a 2 sortes d'individus; Les surfeurs et les apprentis surfeurs. Les surfeurs sont bilingues voir trilingues; Ils communiquent entre eux à l'aide d'un dialecte composé d'onomatopées, d'anglicismes et de gestes dont eux seuls saisissent les nuances; Ils sont néanmoins capables de s'exprimer en français pour s'adresser aux non-initiés, voire dans un anglais qui même s' il est loin des standards de Cambridge reste compréhensible par la communauté des apprentis non francophones. Dès l'aube, le surfeur qui fait fi de tous les critères esthétiques du commun des mortels, s'enduit le visage d'une crème blanchâtre. Cette préparation lui permet d'affronter les UV sans rougir et de limiter le vieillissement de sa peau ; Le surfeur doit rester jeune et beau, c'est écrit dans son contrat. Il revêt une combinaison néoprène colorée qui met en évidence son corps d’athlète et qui sied parfaitement à son teint crémeux. Ainsi paré, il est prêt pour une nouvelle journée au service de l'humanité (rappelez-vous, l'évolution...). Oui, le surfeur porte sur ses épaules la responsabilité d'initier les néophytes.

Les apprentis se retrouvent  à l'école qu'ils fréquentent assidument, une semaine par an. A leur arrivée, après avoir  rempli un document permettant de les identifier, ils entrent directement dans le vif du sujet. Choisir une combinaison à sa taille, la retourner et l'enfiler de manière à ce que la fermeture éclair soit positionnée dans le dos. Contre toute logique, sans les indications transmises par l'expert, le novice enfilera systématiquement sa combinaison à l'envers (Va savoir pourquoi, il s’imagine que la fermeture doit se trouver devant).
L’élève se livre à un exercice de contorsion pour passer l'habit humide et froid et on mesure déjà son engagement profond à entrer dans le cycle d'apprentissage au fait qu'il exécute cette manœuvre sans sourciller. Cette étape cruciale franchie, il se voit attribuer une planche qu'il contemple avec respect. On l'incite ensuite à se mettre en binôme avec un congénère afin de transporter l'objet jusqu'à la plage, en passant par l'épreuve dite "des escaliers qui mènent à la plage", dont l'écartement et la hauteur des marches semblent répondre à des standards d'une autre dimension. Le maître-surfeur, dont la gentillesse et le professionnalisme sont légendaires, se déplace lui les mains et l'esprit libre et en profite pour communiquer dans son dialecte avec ses confrères. Le groupe se déplace à l'unisson jusqu'en bord de mer le surfeur, qui maîtrise parfaitement son art, n’omettra jamais de tracer de la pointe du pied un cercle parfait autour duquel s’installeront ses fidèles. Il délivre ainsi les premières consignes de sécurité et les premiers enseignements initiatiques.

Après les phases préliminaires qui permettent aux élèves prendre connaissance de leur environnement (cf. température de l'eau, courants marins et puissance/structure des vagues),  l'exercice consiste à tenter de  retrouver un semblant d'équilibre en position verticale sur une planche mue de manière aléatoire par un océan qui produit des séries d'ondes irrégulières dont la consistance et la force sont imprévisibles.

Le surfeur, toujours facilement reconnaissable (visage peint + combinaison coloré) observe inlassablement ses ouailles qui pataugent dans l'atlantique en alternant posture d'observation et d'attente de la vague « parfaite », tentative de prise de contrôle de la planche en s’allongeant dessus et petit saut pour se mettre debout suivi d'une chute plus ou moins élégante.
Après 20 minutes d'acharnement, l'élève a abandonné toute dignité mais il reste toujours extrêmement motivé. Le surfeur, lui, se livre de manière spasmodique à une gestuelle à l'attention des élèves et se fend occasionnellement d'un conseil salutaire et récurant : "regarde-devant-toi". Quelques jours après et aux prix d’efforts incalculables, l'apprenti-surfeur fait ses premiers pas sur la planche: Il est autant félicité que s'il avait marché sur la lune. Rassuré d'avoir enfin franchi ce pas, il est persuadé de pouvoir reproduire son geste. Rapidement, il comprend que la conjonction des paramètres qui lui ont permis de se mettre debout sur sa planche ne se produit qu'une fois tous les 1000 ans selon le calendrier "surfaire" et qu’il n’est pas près de renouveler l’expérience...

A la fin du cours, tout ce petit monde, épuisé mais heureux (chacun/e ayant eu son petit moment de gloire, qu'il ait réussi à sauter sur sa planche, à s’assoir dessus, à se mettre sur 2 pieds ou à se faire piquer par une méduse (coucou maman!)), remonte vers le village, franchissant en sens inverse l'épreuve de l'escalier aux marches extravagantes qui l'achèvent mais qui justifient l'étape suivante. Effectivement, après avoir rendu sa planche (qu'il regarde maintenant avec défiance), l'élève s’en va faire le plein de calories au bar des mouettes. Assis autour d'une table, de petits groupes d’apprentis-surfeurs partagent avec euphorie leurs premiers pas et la sensation procurée par cet événement, qu'ils célèbrent  sans parcimonie, à grand renfort de glaces et de « Virgin Mojito ».Cette expérience les renvoient à leurs premières prouesses en Youpala, ils sont prêts pour une nouvelle session …


Dans le même temps, le surfeur a lui rejoint ses amis-surfeurs avec qui il partage un repas typique, composé d’un sandwich, commémorant ainsi la découverte de son sport favori par le capitaine Cook, il y a 300 ans de cela, dans les Îles Sandwich ; le surfeur a un corps de rêve mais une hygiène alimentaire de merde déplorable.

Nos protagonistes savent pertinemment qu'il faudra  plusieurs années pour que le fait de se mettre debout sur une planche devienne aussi naturel que de marcher, mais en fin de semaine, tous sont félicités pour leurs progrès, qui même insignifiants sont un grand pas pour l’humanité…  Dans son for intérieur, l'apprenti comprend qu'une semaine d'initiation pour arriver à se mettre sur ses deux jambes, ce n’est pas la panacée, mais il accepte les compliments avec complaisance se sentant investi d'une nouvelle aura. Pour marquer son statut, il court acheter un bijou de plage à la symbolique forte et spirituelle qui indique qu'il a adopté le mode de vie aventurier du surfeur "with no frontières"(Son langage s'est également sensiblement modifié). Évidement l’adhésion à cette philosophie sera abandonnée dès le lundi matin, car l'apprenti est réaliste: Il s’imagine difficilement passer 6 mois de l’année au Sri Lanka avec ses 4 gosses et son teckel, en abandonnant les promesses d'évolution que lui a fait miroiter son patron pendant les 10 dernières années.
Au bureau, bronzage à l’appui, il partage une dernière fois ses aventures autour de la machine à café et profite de ses poses pour revivre son aventure en regardant des vidéos sur YouTube.




Notre petite expérience nous permet d'affirmer que l'age du surf en est encore à un stade fœtale, mais nous sommes unanimes, ce stage était le clou de notre séjour!

J'en profite donc pour remercier Joris, gourou-surfeur de première classe ainsi que Sam, qui en plus d'avoir initier les enfants, leur à fait découvrir le b.a.ba du dialecte local!

Nous étions au Carcans Océan surf Club, que je recommande!  
Le site internet, c'est ICI

Bonne journée
F
Quelques images, sans filtres cette fois.