lundi 23 juin 2014

Avec ou sans poils, là n’est pas la question !








C’est une matinée qui démarre avec une avalanche de petits plaisirs...
-Prendre ma voiture et me rendre tranquillement à Genève, m’installer à la terrasse du Remor et savourer un café allongé, lunettes de soleil sur le nez, en attendant l'heure de mon rendez-vous.
-Empoigner le journal "20 Minutes" qui traîne sur la table et  me jeter sur les pages d’actualités dont les titres toujours évocateurs interpellent mon esprits déjà en effervescence.
- Découvrir, entre 2 articles de faits divers que l’artiste Milo Moiré s’est vu refuser l’entrée d’Art Basel sous prétexte que les autres participants avaient réservé leur place depuis des lustres et qu'elle ne pouvait donc pas improviser une performance. Il faut dire que la demoiselle avait remplacé ses vêtements par de simples noms d’habits inscrits sur sa peau (cf. photo ci-dessus).  Elle se garantissait ainsi une bonne couverture médiatique, mais ce n'était pas forcement la couverture idéale pour entrer incognito à Art Basel.
-A 10h05, je lève les yeux de mon journal pour m’apercevoir que 2 hommes s'installent à la table voisine; J'essaie habituellement d'éviter de cataloguer les gens sur des critères d'apparence, mais mon nez est lui plus radical dans son jugement, lorsqu’il perçoit des émanations de vinasse avant midi.
Je conçois un plan pour m’échapper de cet enfer olfactif qui consiste à prétexter un besoin de tranquillité pour favoriser une conversation d'affaire sereine. Il me reste une bonne vingtaine de minutes à tenir avant l'heure de mon rendez-vous et l’exécution du plan. Je surveille les allées et venues. Il s'agit d'une première rencontre et le seul indice qui me permettra d'identifier la personne attendue sera son regard interrogateur qui devrait balayer la terrasse en cherchant à me localiser. Assaillie par les effluves qui commencent à troubler ma perception de la situation, je bondis de ma chaise à la vue d'un homme qui promène un œil incertain sur l'ensemble de la terrasse en s'installant sur une table libre pour m’assoir en face de lui, en omettant de me présenter. 
Après un début de conversation surréaliste, je comprends que je suis assise en face de la mauvaise personne, qui avait un "rencard" avec une inconnue (apparemment le rendez-vous n'était pas professionel (o;). Dépitée et les joues empourprées, je retourne m'installer entre mes 2 poivrots qui m’accueillent à coup de clins d’œil significatifs. Mon « vrai » Rendez-vous vient finalement directement à ma rencontre. Mes deux voisins ne se privent pas d’émettre des commentaires subtils. C’est avec un grand soulagement que je pénètre dans le bar pour nous trouver un endroit tranquille pour discuter.
Le rendez-vous se termine sans encombre. Je profite de cette belle journée pour aller faire un tour en ville en me rejouant le film de ce début de journée. Le sourire qui est accroché à mes lèvres interpelle quelques passants qui me le rendent volontiers!

De retour à Plainpalais où j'ai laissé ma voiture, mon regard tombe sur cette statue qui semble se délecter de l'arrivée de l’été.



Je réalise que la mode de l’épilation intégrale ne date pas d'hier et qu'elle ne tient pas seulement à la vague pornographique qui déferle sur le net mais s'affirme devant le nombre grandissant d'images de femmes nues qui peuplent notre quotidien. Si le tabou de la pilosité a traversé les siècles, les badauds semblent parfaitement s’accommoder de la nudité exposée au cœur des villes, tandis que Miss Moiré qui se pointe à poil mais sans poils à Art Basel, dans un contexte artistique, se retrouve  au cœur de la page Actu de la version papier de 20 minutes au côté d'un crime de sang.

Heureuse journée à vous!
 L&F
*En savoir plus sur Milo Moiré:ICI

2 commentaires:

  1. J'adore ton histoire à rebondissement où le fil conducteur devient une véritable toile d'araignée dont on attend le dénouement.
    Et quand on sait que le café Remor à Genève se trouve Place du Cirque, plus rien ne nous étonne!
    Bises de ta Swissfriend :-)))
    Valentine

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  2. Ben oui, je n'y avais même pas pensé à cette place du Cirque...quel dommage...car j’étais bien dans les arène ce matin là!
    J’aurais pu ajouter une touche un peu glauque, à la romaine, avec plus de suspens. Zut alors!
    Bises à toi.
    F

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