jeudi 29 mai 2014

lundi 26 mai 2014

A voir ou à revoir !



Alors que la magie du cinéma perd de sa saveur lorsque le film n'est plus projeté sur grand écran, l'atout du VOD réside pour moi dans le fait de pouvoir voir ou revoir, un film « ancien » qui ne sera sans doute jamais plus disponible dans les salles. Tombée par hasard sur cette bande annonce dont l'esthétisme me transporte, j'achète immédiatement le film sur le site de diffusion de vidéos d'Orange.
C'est un mélodrame suave et sensuel où les lumières diffuses et les couleurs saturées, l’étroitesse des lieux et l’approche artistique racontent plus que les dialogues minimalistes. Wong Kar-Wai utilise toutes les possibilités de ce média, y compris celles que nous avons oublié depuis longtemps, pour instaurer cet univers langoureux et contraint .La musique et le jeu des acteurs font le reste. L'histoire tourne autour de deux protagonistes, voisins de palier et victimes des infidélités de leur époux respectifs. Dans cette Hong Kong des années 1960, la pression sociale gardienne des bonnes mœurs, représentée ici par la logeuse particulièrement présente restreint l'espace laissé à ce couple dont la relation oscille autour des convenances. La promiscuité et les répétitions de scènes où les protagonistes se croisent, la lenteur de leurs mouvements dans un environnement qui fourmille d'activités et leur histoire commune construisent une relation intimiste mais résolument platonique. Je vous invite à voir ou revoir cette œuvre hermétique aux lieux communs contemporains qui aboutit à l'enterrement du secret dans les ruines d'Angkor au Cambodge, comme la tradition  le veut, pour qu'il y demeure à jamais, tandis que la société chinoise évolue sensiblement.

Les deux acteurs, Maggie Cheung statufiée dans ses robes divines et Tony Leung, journaliste et écrivain, délaissés et profondément blessés portent un jeu délicat qui m'a transporté. Un film loin de l’hystérie des mises en scènes actuelles, qui nous ramène à l’essence de l’être sans faite l'impasse sur sa "raison" sociale.



Je pense maintenant me tourner vers les autres films de Wong Kar-wai...

Belle journée,
F

mardi 20 mai 2014

RAK- 9 heures.

L&F

Jour de course




Il a fallu que j’aille à Ras la Khaimah pour m’intéresser au « Camelus » et à ses spécificités. Une bosse ou deux, je possédais plus ou moins les bases « scientifiques » facilitant l’identification des bestiaux, qui se limitaient en fait aux moyens mnémotechniques permettant de différencier le camelus dromedarius du camelus diplodocus…pardon  camelus bactrianus ou ferus. -Cha-meau : 2 syllabes = 2 bosses donc dro-ma-daire=1 bosse (logique non ?)
J’ai dû effectuer quelques recherches sur internet pour retrouver le suivant, que j’adore, même s’il est difficile à mémoriser:
- un chalumeau, c'est un dromaludaire avec 2 lubosses
Je tombe par la même occasion sur la petite blague suivante dont je n’avais jamais eu vent :
 Un chameau rencontre un dromadaire:
(Le Chameau)_ Ça va ?
(Le dromadaire) Oh je bosse, et toi ?
(Le chameau) Je bosse… je bosse.
Plus glauque et qui fait référence au  fameux animal dessiné sur le paquet de cigarettes de marque Camel: Au début c'était bien un chameau, mais après son cancer il s'est fait amputer d'une bosse ; il devint donc un dromadaire-La marque n’en a évidemment pas fait la publicité.
Les anglais esquivent l’histoire des bosses  avec le mot « Camel » qui est attribué aux deux animaux.
Si par hasard, lors d’une conversation, vous confondez les 2 espèces, vous pouvez toujours vous rabattre sur des explications décrites ci-dessous qui  permettront de noyer le poisson.
1 : Le dromadaire se nomme aussi chameau d’Arabie donc que certes vous avez utilisé un terme peu précis mais il est néanmoins juste.
2 : Le dromadaire est un ancien chameau. À l'état de fœtal il possède 2 bosses; c’est seulement au court de son développement intra-utérin qu'elles se fondent en une seule bosse.
Pour consolider votre réputation, il ne vous reste qu’à citer le point 3, qui mettra votre interlocuteur sur les genoux.
3 : Cette protubérance, contrairement aux idées reçues, ne sert pas à stocker l'eau mais la graisse. Si les animaux qui font face aux hivers rigoureux se protègent derrière une couche adipeuse qui leur permet de retenir la chaleur, le chameau, au contraire, concentre sa réserve d'énergie dans un espace limité, laissant la chaleur se dissiper facilement sur le reste de son corps. Il possède aussi, pour économiser son eau corporelle, la capacité d'adapter sa température corporelle à celle de son environnent en la faisant varier de plusieurs degrés vers le haut ou vers le bas (+/-5 degrés). Un autre mammifère qui aurait de telles variations de températures ne survivrait pas. L'animal, familier avec les restrictions d'eau et de nourriture,  peut rester sans boire pendant quasiment 1 mois et il possède également la capacité d'emmagasiner un maximum de nutriments présents dans un minimum de fourrage. Lorsqu'il a été privé d'eau pendant une longue période, il vide une baignoire en moins de 3mn.
Si par hasard, au détour d'une dune, il arrive que nous nous retrouvions face à face avec l'animal, qui nous toise du haut de ses 2,50 mètres (max) et qui peut peser jusqu'à 1100kg...il serait préférable de respecter les règles de politesse !

Tout cela pour dire que nous avons fait l’expérience très exotique des  courses de chameaux à Ras al Khaimah et que ce fut un grand moment. Ce type d’événement était autrefois réservé aux fêtes importantes, mais pour redorer le blason des chameaux qui n’avaient plus vraiment de place dans la société moderne, les émirs ont multiplié le nombre de courses attribuant des prix importants aux gagnants. Ce sport-spectacle est maintenant intégré à la culture locale.





Lorsque nous arrivons, l’excitation générée par le sport qui passionne les émiratis est immédiatement perceptible. Il y a presque autant de 4x4 que de chameaux, des lads qui courent dans tous les sens et des animaux au regard hautin équipés d'un harnachement aux couleurs de leurs écuries; Le tout s'exécute  dans une joyeuse poussière, et une chaleur qui malgré l'heure (les courses ont lieu entre 6:30 et 9heures), commence déjà à se faire sentir. Ici, même configuration qu'ailleurs: quelques émiratis mènent le danse et le personnel étranger abondant s’affaire.





Lorsque les animaux sont amenés sur la ligne de départ, ce n'est pas toujours dans le calme et la sérénité. Aujourd’hui, tous ne sont pas d'accord pour prendre le départ tandis que d'autres, plus motivés s'échappent pour rejoindre le peloton.



Depuis 2004, les "enfants-jockeys" (reportage vidéo ici) dont la destinée a ému la communauté internationale obligeant les gouvernements locaux à légiférer pour interdire leur utilisation, ont heureusement été remplacés par des robots.
Il faut dire que la motivation à trouver une solution alternative aux enfants était à la mesure de ce business qui est aussi  juteux que nos courses de chevaux, malgré l’absence des systèmes de paris. Les robots permettent le "pilotage" des chameaux à l'aide d'une radio qui permet de transmettre des ordres vocaux et d'une cravache actionnable à distance. Le robot est contrôlé à partir d’un véhicule qui longe la piste. Les transmetteurs sont équipés d'une protection qui permet d'éviter les interférences d’ondes, volontaires ou non.


C'est parti!



Les animaux sont soignés et entrainés de manière régulière en préparation à l’événement et peuvent atteindre la vitesse de pointe de  60 km/heure.
Jeunes chameaux, après la course.

9 heures : La chaleur s'installe et il est temps de plier bagages.

Retour au bercail.

L&F